Gabriel Massou

Conseiller municipal de Villeneuve la Garenne, Conseiller Régional d'Ile de France
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NON à la vente massive de logements sociaux décidée par Madame BOUTIN

A
lors que tous les ménages qui ne peuvent trouver sur le marché un logement à un prix abordable doivent attendre 3 à 15 ans pour obtenir un logement social en raison de la pénurie et qu'il faudrait produire 120 000 nouveaux logements réellement sociaux par an, soit doubler la production actuelle, pour espérer endiguer la crise du logement, la nouvelle ministre du logement veut engager un processus de vente massive.

Vendre 40 000 logements sociaux par an ! Voilà la déclaration de guerre au logement social que vient de faire Christine Boutin dans le journal Les Echos.

En Ile-de-France près de 400 000 ménages sont en attente de logement social. Vendre massivement les logements sociaux existants, c'est tuer dans l'œuf l'idée même du Droit au Logement Opposable.

La volonté du gouvernement est claire : se débarrasser de la charge financière que représente l'aide au parc social, au nom du « tous propriétaires »'. Le résultat les américains comme les espagnols le connaissent : des millions de ménages endettés jusqu'au cou, des prêts immobiliers sur 50 ans.

Déjà, en 2006, le gouvernement Villepin avait envisagé de vendre 15 000 logements sociaux par an. L'appel à la résistance signé par plus de 500 élus de gauche, à l'initiative du groupe CACR, l'avait empêché de mettre son projet à exécution.

L'attaque lancée par Christine Boutin est encore deux fois plus grave aujourd'hui. Il faut organiser très vite la riposte et décider dans l'urgence de relancer notre appel d'élus pour nous opposer à ces ventes massives.

Non à la bulle spéculative sur l'immobilier, Oui à la relance de la construction

Construire du logement et surtout du logement social : c'est la priorité du Conseil régional pour gagner la bataille du logement en Ile-de-France, et résorber le lourd déficit de logement et de logement social.

Le gouvernement, lui, a décidé de consacrer 850 millions d'€ par an au remboursement d'une partie des intérêts d'emprunt des ménages qui deviennent propriétaires. Mais qui sera concerné en Ile-de-France où une famille de 4 personnes doit disposer de plus de 300 000 € pour acquérir un logement, alors que le salaire net moyen est de 1.500 euros nets par mois ?

Cette somme importante va alimenter la spéculation immobilière, qui profite de l'offre beaucoup trop rare de logement pour flamber : un cadeau aux banquiers et aux promoteurs, pas aux populations qui souffrent de la cherté du logement.

En Ile-de-France, en 5 ans, depuis que monsieur Sarkozy est au pouvoir, le prix moyen des appartements a augmenté de 84%. La ristourne fiscale (dont le niveau maximal est de 10 200 € sur 5 ans pour un couple avec deux enfants) ne va même pas compenser 10% de la hausse du prix des logements au cours des cinq dernières années, et même pas la hausse des prix de l'année écoulée, selon la Chambre des notaires d'Ile-de-France.

Le gouvernement prétend relancer la croissance en apportant de l'eau au moulin de la bulle immobilière. Il fait le choix de la spéculation plutôt que celui de la vie réelle : une relance de la construction de logements aiderait bien mieux l'économie : plus d'emplois dans le BTP, des prix plus bas et donc des logements plus accessibles pour la population.

Le gouvernement aurait bien mieux fait d'utiliser cet argent pour relancer la construction de logements, qui a atteint un niveau historiquement bas en Ile-de-France ces dernières années (moins de 40 000 logements par an). La relance de la construction de logements, et en particulier de logement social, permettrait de faire baisser les prix pour tous .