En l’espace de quelques semaines, N. Sarkozy a prononcé deux allocutions sans précédent de la part d’un Président de la République quant à la nature des propos tenus mettant gravement en cause le caractère laïque de la République, propos incompatibles avec l’exercice de sa fonction. Ces discours contiennent d’innombrables propos qui ne peuvent que scandaliser les défenseurs de la Laïcité qu’ils soient croyants ou non-croyants. Ces propos remettent en cause le principe même de la Laïcité dans notre pays, plaçant ici Dieu au dessus de la République, plaçant là une reconnaissance de la France comme « fille de l’Eglise », tout cela contribuant à distiller l’idée d’une République soumise à la religion. Du contrôle des consciences au contrôle social, l’appel à l’intervention des religieux dans les secteurs géographiques où se concentrent les difficultés sociales est significatif d’une conception des rapports sociaux où les religions sont appelées à la rescousse de politiques libérales qui accroissent les inégalités, aggravent la situation des plus démunis, affaiblissent les solidarités, fragmentent davantage encore le corps social. Ce qui rend particulièrement inacceptable de tels propos c’est qu’ils sont tenus par un Président de la République en exercice, donc au nom de la France. Parce qu’ils mettent en cause un des principes constitutionnels essentiels présents dans le préambule de 1946, ces propos constituent donc une faute gravissime. N. Sarkozy a beau dire qu’il ne touchera pas aux « grands équilibres » de la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat, le contenu même de son discours est, de fait, une remise en cause de cette loi. Dans les semaines à venir, je contribuerai à la construction de réactions unitaires les plus larges rassemblant les différents mouvements attachés à la Laïcité. je serai extrêmement attentifs aux comportements des élus de notre ville et des représentants des différentes religions présentes à Villeneuve. Notre République, notre commune doivent rester laïques.
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