Gabriel Massou

Conseiller municipal de Villeneuve la Garenne, Conseiller Régional d'Ile de France
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Débat à la Fête de l'Humanité 2007 :

quel gouvernement démocratique pour la métropole pour quel projet



Article paru dans l’Humanité


Débat à gauche sur le Grand Paris Île-de-France . Les élus de gauche de Paris et de la région ont exprimé leur avis à la Fête de l’Humanité. Une nouvelle institution est-elle nécessaire ? « Quelle démocratie, pour quel projet ? » : le débat sur l’avenir de l’Île-de-France a rebondi samedi après-midi à la Fête de l’Humanité. Les élus de gauche invités ont mis carrément sur la table les grandes questions que se posent les Franciliens sur leur vie quotidienne, sur les inégalités flagrantes qui déséquilibrent, jusque dans la capitale, l’une des régions les plus riches du monde. L’ingérence soudaine de Nicolas Sarkozy cet été, avant-hier encore lors de l’inauguration de la Cité de l’architecture, se disant prêt à accélérer un « nouveau projet d’aménagement global du Grand Paris », a attisé les braises d’un foyer qui n’a jamais cessé de brûler depuis l’éclatement du département de la Seine en 1964 et la création de la région. L’une des missions de la nouvelle municipalité de gauche élue en 2001 était de rétablir le dialogue de la capitale avec ce que Pierre Mansat, maire adjoint chargé des relations avec les collectivités locales, appelle « ses voisins de palier ». Il fallait « établir de nouveaux rapports, se parler, construire ensemble des projets. On a un destin commun et il faut affronter les enjeux à cette échelle », a-t-il souligné.

C’est le sens de la conférence métropolitaine avec ses atouts, un dialogue rétabli, et des contrats copartagés (logement, parcs naturels, couverture du périphérique, etc.) et ses limites, le caractère informel de la conférence. Faut-il alors aller plus loin, créer une institution, « communauté urbaine » ou « Grand Paris » pour lequel la droite parisienne milite activement ? « La question n’est pas quelle institution, mais quelle politique. Il faut une réponse politique de gauche, démocratique et pour cons- truire un projet », précise Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë. « Il est impératif d’aller plus loin, pour un projet à gauche du Grand Paris », estime Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, qui se félicite des projets communs mis en oeuvre avec la capitale dans sa commune. Une vision que ne partagent pas les élus du conseil régional. Mireille Ferri, vice-présidente chargée du schéma directeur régional, le SDRIF : « La région raisonne en grands bassins de vie et d’activité et non pas en couronne. Oui pour un coeur puissant et organisé, mais autour de polarités suffisamment dynamiques pour pouvoir dialoguer avec Paris et sa petite couronne. » Gabriel Massou, président du groupe communiste à la région, estime qu’il ne faut pas dissocier méthode et contenu, que le débat sur le Grand Paris est d’abord un débat politique gauche-droite : « On ne peut pas comparer Paris aux communautés urbaines de province. Il faut traiter la question au niveau régional. »

La question de l’agglomération est un sujet politique majeur, dit Pierre Mansat pour qui « la région a une pertinence, mais elle n’a pas toutes les pertinences ». Francis Rol-Tanguy, ingénieur des ponts et chaussées, a soulevé le problème de la fiscalité qui actuellement, par la limitation de la taxe professionnelle et du poids de l’impôt sur les sociétés, entretient les inégalités. Francis Rol-Tanguy avance la proposition d’une taxe professionnelle unique qui augmenterait les capacités d’investissements pour les grands équipements.

Jacques Moran

Dans l'Humanité du 17 octobre

 

Une enquête polluée par la droite


 

L’enquête publique sur le schéma directeur révèle les menaces que fait peser l’opposition (UMP) sur un document élaboré démocratiquement.
L’enquête d’utilité publique sur le schéma directeur d’aménagement de l’Île-de-France (SDRIF) est ouverte depuis lundi 15 octobre. L’enjeu est d’importance : il engage la région capitale pour vingt-cinq ans, en particulier sur les grands aménagements en matière de logements et de transports. Le débat public aurait pu se dérouler normalement si le président de la République, se comportant comme le superpréfet de l’Île-de-France, n’avait mis en cause le projet en juin dernier en soulignant que c’est à l’État de prendre en main le devenir de la région. Dans la foulée, le patronat (MEDEF et CGPME) et toute la droite refusent le SDRIF en l’état et se mobilisent pour entraver le processus de débat public. C’est ce défi que relève le groupe CACR (communiste alternative citoyenne et républicain) du conseil régional. François Labroille, conseiller régional, estime que le schéma directeur tel qu’il a été débattu pendant deux ans et demi est « vraiment menacé. L’hypothèse d’une mise en cause profonde de son contenu n’est pas aberrante ».
Le groupe CACR a voté le schéma directeur parce qu’il correspond à une de ses priorités : la lutte contre les inégalités sociales et territoriales. « Il prépare un développement économique ambitieux en tenant compte des solidarités sociales », précise François Labroille, même si cette question des inégalités n’est pas complètement réglée dans le document. Néanmoins, le SDRIF a « une cohérence et une vraie ambition », précise l’élu CACR, notamment pour le logement (60 000 logements neufs par an, dont 30 % de logements sociaux) et un maillage de transports publics qui changera le mode de déplacement des Franciliens.

Les élus du groupe CACR s’engagent à mobiliser les élus et les responsables syndicaux et d’associations à donner leur avis dans les mairies lors de l’enquête publique. L’intrusion de Nicolas Sarkozy pour une nouvelle institution en Île-de-France, qui a détourné le débat sur la question du grand Paris, fait peser de réelles menaces sur le devenir du SDRIF. « Faute d’avoir pu suspendre l’enquête publique, la droite cherche à l’investir pour vider le schéma de son contenu », dit Gabriel Massou, le président du groupe CACR. C’est en effet le contenu même du nouveau schéma directeur, ses ambitions sur un horizon de vingt-cinq ans, ses principes organisateurs fondés sur la prise en compte des défis des inégalités comme ceux de la crise écologique et climatique, son parti pris de la ville compacte et du logement social, d’un vaste programme de développent des transports en commun… qui heurtent en fait la droite francilienne, souligne le groupe CACR.

Jacques Moran

 

L'Huma en PDF

Dans Première Heure du 16 octobre

Ci-dessous débat sur le SDRIF animé par Max Staat à la Fête de l'Humanité 2007 avec Anne Hidalgo 1ere adjointe (PS) au maire de Paris, Francis Rol Tanguy Ingenieur général des Ponts et Chaussées, Jacqueline Rouillon maire (PCF) et Conseillère générale de Saint Ouen, Mireille Ferri vice presidente (Les Verts)de la région Ile de France, Pierre Mansat Adjoint (PCF) au maire de Paris .